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Un « climat » nauséabond à Orléans ?

Un « climat » nauséabond à Orléans ?

Dix jours après l’agression des intermittents au Théâtre et la présence d’un manifestant arborant une croix gammée sur la place du Martroi, des responsables politiques s’inquiètent d’un « climat délétère » qui se serait durci à Orléans.
Benjamin Vasset
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Les trois dernières semaines ont été agitées à Orléans. Après une vive polémique, débutée fin avril, sur un documentaire commandé par la mairie sur les fêtes johanniques, des intermittents étaient agressés, dans la nuit du 8 au 9 mai, par des individus suspectés d’être des militants d’extrême-droite. Plus tôt dans la journée du 8 mai, sur la place du Martroi, un homme avait également arboré sur son bras une croix gammée à l’occasion d’un rassemblement en hommage à Jeanne d’Arc.

Dix jours après, faut-il lier ces faits et en tirer des conclusions sur un climat qui se « durcirait » à Orléans ? C’est ce que pensaient certains manifestants réunis le 11 mai dernier suite à l’agression du Théâtre et qui évoquaient une « période nauséabonde ». Conseiller municipal d’opposition PS, Baptiste Chapuis estime lui aussi qu’il y avait « un lien » dans le déroulé des événements : « Quand le maire d’Orléans va s’épancher sur CNews et les réseaux sociaux en disant qu’on censure Jeanne d’Arc, toute une droite réactionnaire et extrémiste lui emboîte le pas. Et puis le 8 mai, il y a cette contre-manif, qui dit qu’on attaque Jeanne d’Arc et qu’il faut la défendre. Alors évidemment, Serge Grouard n’est, ensuite, pas responsable de l’agression des intermittents, mais il a jeté de l’huile sur le feu. » Le porte-parole du Modem dans le Loiret, Jean-Pierre Delpuech, n’est pas loin de faire la même analyse : « j’ai l’impression que se développe en ce moment une sorte de trumpisme des bords de Loire. Orléans semble être devenue un laboratoire de la droite dure, où l’on observerait un rapprochement idéologique et électoral avec le Rassemblement National. J’espère me tromper dans mon analyse, mais j’aimerais que Serge Grouard montre, par un acte fort, son attachement aux valeurs et aux principes républicains, en lien avec ce modèle gaulliste qui est le sien. » Et Jean-Pierre Delpuech d’avancer une idée : « sur la place Halmagrand, là où a été récemment abattu un séquoia centenaire, pourquoi ne pas créer un monument en hommage à Jean Zay ? »

« Je n’ai pas compris »

À droite, on n’a pas la même lecture des événements. Olivier Geffroy, qui s’est rabiboché récemment à la majorité municipale, assure que les faits commis les 8 et 9 mai, « certes marquants, ne témoignent pas d’un climat politique particulier. Ils viennent d’un petit groupe restreint, qui ne sont représentatifs ni d’un climat, ni d’une large majorité d’Orléanais ». L’ancien président des Républicains dans le Loiret revient d’ailleurs sur l’origine de cette séquence mouvementée, à savoir le fameux documentaire sur Jeanne d’Arc commandé par la mairie d’Orléans. « Franchement, dit-il, je n’ai pas compris cette polémique. Ce film était classique, traditionnel, je n’y ai vu aucune connotation. Tout ce foin pour ça ? Ces fausses polémiques ne donnent pas une bonne image d’Orléans, alors qu’on a d’autres choses à vendre. » Baptiste Chapuis, qui a vu a contrario, dans ce reportage, un « film de promotion », s’attendait à ce que le débat rebondisse ce jeudi, en conseil municipal, où une communication particulière sur le sujet des Fêtes johanniques était à l’ordre du jour.

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