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Une filière « pakistanaise » démantelée ?
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Une filière « pakistanaise » démantelée ?

Une filière « pakistanaise » démantelée ?

Le Tribunal judiciaire d’Orléans a jugé, jeudi dernier, la participation effective de quatre hommes à une filière « pakistanaise » faisant travailler des hommes en situation irrégulière sur des chantiers de la métropole et dans le reste de la France.
g.m.
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Une filière pakistanaise démantelée-HEBDO-ORLEAN-384

Quatre hommes d’origine pakistanaise et indienne devaient comparaître jeudi dernier à la barre du Tribunal d’Orléans. L’un manquait à l’appel, mais les trois autres prévenus étaient bien là, accompagnés de leurs interprètes. Outre la barrière de la langue, l’affaire était loin d’être simple : « C’est un dossier particulier, à la limite de la traite des êtres humains, a résumé la procureure. Un système opaque et bien organisé, avec des dizaines de victimes qui ont travaillé sans protection sociale. C’est sur leur dos que les prévenus se sont enrichis. Un certain nombre de personnes ont déjà été condamnées dans d’autres tribunaux… » Dans les cas présents, les prévenus étaient poursuivis pour l’emploi de plusieurs étrangers en situation irrégulière, d’aide à leur séjour, d’exécution de travail dissimulé, mais aussi pour l’utilisation de l’argent ou de matériaux de la société à des fins personnelles pour un gérant et son chef de chantier. C’est une dénonciation anonyme qui a mis les enquêteurs sur la piste de ces faits qui se seraient déroulés entre 2017 et 2019. La filature a mis rapidement en évidence des échanges de chèques et retraits suspects d’argent en liquide, mais aussi la présence de salariés avec des titres de séjours irréguliers sur différents chantiers de la métropole orléanaise, ainsi qu’à Troyes ou en région parisienne. Des salariés non déclarés, payés de 30 à 50 € par jour, étaient également hébergés contre un loyer de 100 € par mois à Orléans ou dans la métropole.

Prison ou relaxe ?

La procureure a réclamé pour le gérant officiel de l’entreprise et son chef de chantier une peine de 6 mois de prison ferme et 5 000 € d’amende, ainsi qu’une peine d’inéligibilité de 5 ans. Pour les autres prévenus, elle a requis 10 mois de prison avec un sursis simple, 5 000 € d’amende ainsi qu’une interdiction de séjour dans le Loiret et de gestion d’une entreprise pendant cinq ans. L’avocate du chef de chantier a réclamé la relaxe de son client. Elle a dénoncé un « amalgame », car son client « était salarié ; il n’avait donc pas à vérifier les déclarations d’embauche ». Procès-
verbal en main, elle a souligné que « les écoutes n’avaient rien donné et avaient été arrêtées au bout d’un mois ». Quant au train de vie suspect de son client, pointé par l’accusation, l’avocate a insisté : « Il rembourse son emprunt bancaire sans incident et travaille au black le week-end pour arrondir ses fins de mois ! » La relaxe du gérant officiel de l’entreprise a également été plaidée : les défenses se sont insurgées contre des condamnations « en gros », en pointant des erreurs sur l’identité liée au patronyme ainsi qu’une méconnaissance du droit des étrangers. « L’aide au séjour d’un étranger et le travail dissimulé en bande organisée ne tient pas car il s’agit d’un dirigeant et de ses salariés ! » a rappelé l’avocat du gérant officiel. Le verdict de cette affaire est attendu le 15 septembre prochain.

Une réponse

  1. Le travail dissimulé a de beaux jours devant lui…lenteur de la justice, très grande rareté des contrôles des services de l’emploi, peines ridicules encourues…

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