Tourisme d’affaires à Orléans : est-ce là qu’est l’espoir ?

En attendant une reprise dont ils ignorent la date, les acteurs du tourisme d'affaires jouent la carte de l'écosystème local. Le premier Workshop Event Pr'O, qui s’est tenu au Jardin des Plantes mi-octobre, avant le reconfinement, a permis de donner quelques perspectives d’avenir à un secteur qui considère déjà CO’Met comme un puissant outil d’attraction...
Gaëla Messerli
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Les professionnels du tourisme d’affaires ne se faisaient pas prier pour le reconnaître, mi-octobre : « le secteur est atone », clamaient-ils en chœur. Estelle Prochasson, responsable commerciale de Sabannes Réception, dont l’entreprise a déménagé à Meung-sur-Loire juste avant le confinement, précisait d’ailleurs : « comme nous faisons aussi de la location aux particuliers, nous avons pu continuer à travailler. Mais ce n’est pas le cas de tous les professionnels. Lorsque l’on fait seulement un tiers de notre chiffre d’affaires, l’aide de l’État ne couvre pas tout… »

Un secteur clé

C’est dans ce contexte morose que s’est tenu, avant le reconfinement, au Jardin des Plantes, un workshop local pour redynamiser le secteur. Ce rendez-vous avait semblé globalement satisfaire les exposants. Présente sur les lieux, Valérie Beaudoin, restauratrice du Cabinet vert, estimait cette journée favorable à une prise de contacts. « C’est l’occasion de se faire connaître, disait-elle, mais avec le manque de visibilité actuel, ce n’est pas en ce moment que l’on signe les offres commerciales… »

Le principe de ce grand raout n’était pas de faire une sorte de « salon du tourisme », mais de créer une rencontre entre les différents professionnels et leurs clients habituels locaux afin de créer un écosystème. « Les clients d’hôtel, par exemple, peuvent être intéressés par les golfs ou les casques de réalité virtuelle…, expliquaient Axel de Beaumont et Martine Grivot, respectivement directeur général et présidente d’Orléans Val de Loire Tourisme. Nous avons, de l’autre côté, des grands laboratoires de recherche, comme le CNRS ou la Cosmetic Valley, qui organisent des événements. » « 70 % d’entre eux trouvent leurs origines dans le réseau local », rebondissait Martine Grivot, qui n’hésitait pas à rappeler que le tourisme d’affaires était un pilier du développement touristique de la Métropole. L’ancienne élue orléanaise a rappelé qu’elle avait d’ailleurs lancé, pour cela, il y a deux ans, Orléans Convention, sorte de « bureau des congrès » de la Métropole orléanaise.

Orléans étant situé à proximité de Paris et des autoroutes, l’intercommunalité mise en effet depuis plusieurs années sur le tourisme d’affaires, dont la clientèle est constituée principalement de businessmen, de VRP ou de personnes venant en formation, notamment en semaine. Une clientèle qui représente déjà les trois-quarts des nuitées hôtelières, selon Orléans Val de Loire Tourisme. Le tourisme d’affaires est aussi un moyen de développer le tourisme familial, car « 70 % des personnes qui visitent un territoire à l’occasion d’un congrès ou d’un séminaire reviennent ensuite à titre personnel ou familial », rappelait mi-octobre Axel de Beaumont. Le directeur expliquait également qu’un congrès de 1 000 personnes, sur une durée de deux jours, générait « plus de 200 à 300 000 € sur le territoire en frais d’hébergement, de taxe de séjour, de location de salles, de cars ou taxis… »

Un effet CO’Met ?

Dans ce contexte, CO’Met reste attendu comme le Messie, ou presque. L’équipement métropolitain est annoncé pour juin 2022. Il comptera un Palais des Congrès de 1 000 places et un parc des expos de 35 000 m2. Avant le reconfinement, il suscitait déjà l’intérêt. « Il y a toujours un effet nouveauté et certains groupes souhaitent être les premiers à y organiser leur événement », affirmait ainsi Axel de Beaumont.

Pourtant, d’après Martine Grivot et Marie-Philippe Lubet, maire de Saint-Denis-en-Val et vice-présidente en charge du tourisme, l’attractivité ne se jouera pas seulement au niveau de ce grand équipement. « CO’Met sera une locomotive pour le territoire. Il faudra ensuite qu’il y ait des hébergements suffisants, des prestataires, des traiteurs… » Et même si les dépassements financiers de cet équipement ont récemment fait les gros titres des gazettes locales, les deux élues ressortent un argument déjà entendu depuis quelques semaines : « lors de sa construction du Zénith, il y avait eu le même genre de polémique, et vous voyez bien aujourd’hui qu’il est devenu rentable… CO’Met, ce sera pareil ! » On ne demande qu’à les croire. 

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