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Maxence Fortier : Ramener la coupe à la maison
Portrait

Maxence Fortier : Ramener la coupe à la maison

Ce jeune Orléanais n’a pas perdu son temps pendant la crise sanitaire, en développant un nouveau concept autour de… la création de trophées ! Prenant plaisir à travailler la matière, il couple la recherche design à des valeurs respectueuses de l’environnement.
Ambre Blanes
09/05/1994 : Naissance à Orléans
01/06/ 2021 : Création de Studio L’ingrédient
23 mars 2022 : Participation au Salon Techinnov de Paris

Tous les chemins ne nous mènent pas forcément là où on les imagine se finir. Comme nombre d’étudiants, Maxence Fortier a choisi de faire bifurquer sa route au tournant de la vingtaine. « J’avais étudié les sciences de l’ingénieur, mais lorsque je suis allé aux portes ouvertes de Polytech Orléans, j’ai vite compris que ce n’était pas du tout pour moi… », confie ce créatif. Puisqu’il peignait, dessinait et faisait un peu de graff, ce tennisman de bon niveau s’orienta finalement vers une prépa d’Arts appliqués à Blois. Là, il y apprit la culture graphique, différentes techniques de dessin et toucha à la décoration, à l’architecture et à la création d’identité visuelle. Pour compléter son bagage, il enchaîna sur un BTS Webdesign dans la même école. « À l’époque, c’était encore très print, mais la croissance du digital a ouvert un nouveau cursus », dit-il, signifiant qu’il fit alors partie des premiers jeunes à y avoir pris part. 

Bannières, maquettes, affichage numérique ou en mouvement… Maxence Fortier acquit au cours de ce cursus de nouveaux outils avant de sortir de sa zone de confort pour rejoindre Paris. Son BTS étant très axé « technique », il voulut voir ce qui se passait en amont. Il intégra alors l’école de communication parisienne Cesacom. Recommandation stratégique, site Internet et réseaux sociaux, grande campagne d’affichage pour une marque : le jeune homme compléta un parcours pertinemment structuré pour assurer sa polyvalence. C’est là que son projet commença à germer, tandis qu’il intégrait en alternance une entreprise réalisant des trophées pour événements, et dans laquelle il finit par signer un CDI. « Ça m’a donné une sacrée base pour comprendre le marché et les besoins ! » avoue-t-il aujourd’hui. Cependant, l’impossibilité de progresser autant qu’il le souhaitait l’incita à quitter l’entreprise en 2020, tout juste avant la pandémie. Maxence Fortier peaufina alors son projet sur ce nouveau temps libre. Pour être accompagné lors de sa mise en route, il intégra une formation d’artisanat numérique avec le centre DRAFT à Paris. Pendant trois mois, on lui apprit comment travailler avec les machines ou la découpe-laser. C’est à cette occasion qu’il développa ses premiers prototypes. Enfin, c’est grâce à la couveuse d’entreprise BGE Paris qu’il testa son projet en réel et apprit à entreprendre professionnellement. « J’étais très motivé, mais la crise sanitaire m’a permis de prendre mon temps », admet-il aujourd’hui. Fin prêt pour se lancer, il créa finalement sa marque, Studio L’Ingrédient, en juin 2021, en même temps qu’il rentrait sur Orléans.

Expliquant qu’il était « primordial que (son) activité ait du sens », les trophées que réalise désormais Maxence Fortier sont faits de matières biosourcées ou recyclées, parfaites pour répondre à la dimension RSE des entreprises, laquelle se développe à grande vitesse. Acteur du made in France, il emprunte ainsi le tremplin du grand boom écoresponsable dans le design d’objets, espérant du reste s’inscrire à l’avenir dans un processus d’économie circulaire locale en collectant les déchets industriels sur place, un processus compliqué à ce stade pour des séries limitées. Il récupère aujourd’hui ses matières auprès des ateliers de menuiserie, de fournisseurs ou de Fablabs. Studio L’Ingrédient travaille à l’échelle de la France, pour des entreprises de toutes tailles et en partenariat avec d’autres studios de création, notamment à Tours. 

Trophées… végétaux !

Dernièrement, Maxence Fortier a été invité par la CCI Essonne au Salon Tech­innov, au Parc Floral de Paris, pour créer des trophées innovants en matière recyclée. Il fabrique aussi des trophées végétaux, minéraux, logotypés ou écologiques, ainsi que des cadeaux artisanaux. « On a tendance à imaginer la coupe de sport en toc sur laquelle on grave une étiquette, mais nous faisons bien plus que ça : nous créons un vrai storytelling autour d’une récompense haut de gamme et qui a du sens », ajoute Maxence Fortier. C’est ainsi qu’il a appelé son aventure entrepreneuriale : à la façon d’un chef dont le plat dépend de la qualité des ingrédients choisis, ce sont les matériaux choisis qui permettent de façonner un objet artisanal et élégant…

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