Étudiant : les difficultés s’accumulent !

Si le nombre de demandes de bourses n’a que très peu augmenté en cette rentrée, les demandes d’aides auprès du service social du CROUS ont quant à elles doublé par rapport à la même période l’an dernier. Preuve que les choses se dégradent… Patrice Naour
Le restaurant universitaire de Grandmont, le seul ouvert le soir.

Le lancement à partir du 20 octobre d’une épicerie sociale mobile qui va visiter une semaine sur deux les différents sites universitaires de Tours n’est qu’un indicateur parmi d’autres de la dégradation des conditions de vie des étudiants, de plus en plus nombreux à faire face à des difficultés grandissantes. À Tours aussi. « Cela fait plusieurs années que nous assistons à une dégradation des conditions de vie des étudiants, mais le confinement a agi comme un révélateur, explique Véronique Alary, la directrice du CROUS à Tours. La crise sanitaire a fait éclater au grand jour certaines situations difficiles, même s’il faut toujours relativiser car, par définition, les étudiants sont souvent dans une forme de précarité, avec peu de revenus… »

La disparition des jobs étudiants à cause de la crise sanitaire, pendant le confinement puis, par la suite, au cours de l’été et en cette rentrée, y est évidemment pour quelque chose.

Déjà près de 50 % de boursiers avant la crise

Parmi les indicateurs, le nombre de demandes de bourses n’est pas le plus révélateur. « Il y a eu une petite augmentation du nombre de demandes en cette rentrée mais il est un peu tôt encore pour dire si elles seront acceptées ou pas », précise Véronique Alary.

Cette légère augmentation des dossiers pourrait être aussi liée à l’augmentation du nombre de bacheliers accédant aux études supérieures en cette rentrée, le bac ayant été plus facile à obtenir en juin dernier en raison de la crise sanitaire. Et puis un grand nombre d’étudiants sont déjà boursiers dans l’académie d’Orléans-Tours. On en compte environ 23 000 sur près de 50 000 étudiants, ce qui représente près de la moitié tout de même. Attention là encore à ce qui se cache derrière le mot « boursier » puisque cela va de la simple exonération des frais de scolarité à l’allocation la plus importante, de l’ordre de 450 € par mois sur une année ou 560 € sur dix mois d’une année scolaire.

Un important travail d’accompagnement du service social du CROUS

Un autre indicateur est plus inquiétant, à savoir le nombre de demande d’aides auprès du service social du CROUS. « Depuis la rentrée, les demandes d’aides ont été deux fois plus nombreuses que l’an passé, confirme la directrice du CROUS. Surtout, nous voyons passer des profils que nous ne voyions pas les années précédentes, preuve que la situation se dégrade… » Cela ne veut pas dire pour autant que tous les étudiants ont reçu une aide mais le simple fait de s’adresser aux services sociaux est un signe des besoins croissants. Le service social du CROUS mobilise quatre assistantes sociales qui, après diagnostic de la situation, peuvent apporter une aide aux demandeurs. Cette aide peut prendre la forme d’une aide financière ponctuelle, comme la recharge de la carte alimentaire pour accéder au restaurant universitaire. « À la suite du confinement, nous avons aussi débloqué une allocation de 200 € au titre de la perte d’emploi pour les étudiants privés de job et donc de revenus », ajoute Florence Alary

Les bourses ont aussi été prolongées au-delà de l’été pour permettre à certains de passer les concours annulés au printemps et reportés à la rentrée. D’autres, qui n’en n’étaient pas équipés, ont aussi bénéficié d’un PC ou d’une box Internet pour pouvoir travailler à distance, la grande nouveauté imposée par le confinement.

Le ticket de RU à 1 € pour les boursiers

Pour faire face à cette précarité qui guette, les différents dispositifs d’accompagnement des étudiants en difficulté sont donc plutôt complets et les aides, relativement nombreuses et efficaces. Il faut signaler en outre que plus de 3 000 d’entre eux – soit 10 % environ des étudiants de Tours – sont hébergés dans les résidences du CROUS à des tarifs sociaux, ce qui représente aussi une aide appréciable. À condition bien sûr qu’ils puissent continuer à payer leur loyer. Autre avantage : pendant le confinement, alors que les cours étaient stoppés, ils ont pu quitter leur logement sans préavis et ainsi économiser le loyer en retournant chez leurs parents. Ce qui n’était pas possible dans le parc privé. C’est aussi pour cela que la grande majorité des étudiants hébergés en résidence universitaire l’an passé, prévoyants, ont souhaité prolonger à la rentrée au cas où…

En plus de l’épicerie sociale mobile (lire ci-contre), le Gouvernement a aussi initié dans le cadre du plan jeunes un volet contre la précarité qui instaure le ticket de RU à 1 € pour les étudiants boursiers. De quoi réaliser d’importantes économies pour les bénéficiaires. Mais surtout le midi et en semaine car les RU de Tours sont fermés le week-end. Et le soir seul le RU du site Grandmont est ouvert, ce qui limite les possibilités pour les étudiants résidant en centre-ville par exemple. Malgré tout, ce tarif est très compétitif, sachant qu’un repas revient à plus de 8 €, c’est donc l’État qui prend la différence à sa charge. CQFD.

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