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Justine Legrand : Remise en selle
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Justine Legrand : Remise en selle
Portrait

Justine Legrand : Remise en selle

Amputée de la jambe droite le 14 janvier dernier, cette championne d’équitation se tient aujourd’hui droite et debout, pleine de volonté et d’ambition : dans trois ans, elle veut être championne paralympique de dressage aux Jeux de Paris. benjamin vasset
B.V
22/01/1984 : Naissance en Colombie
26/05/2018 : Vctime d’un accident qui engendrera de nombreuses complications
24/04/2021 : Arrivée de son cheval, Vancouver du Hans

Versailles, le petit Trianon, elle s’y voit déjà. Le concours, la médaille d’or et La Marseillaise sur le podium… Quelle jolie fête ce serait ! « Justine Legrand championne olympique » : voilà une phrase qui revient dans la tête de cette Orléanaise comme une obsession. « Je suis inarrêtable, je le ferai », livre-t-elle comme une évidence, sûre de son fait et de sa force nouvelle. « Évidemment, ce sera dur », nuance-t-elle aussi. Mais après tout, depuis six mois et son amputation transtibiale de la jambe droite, la jeune femme (37 ans) est armée d’une foi nouvelle. « Je savais que cette opération allait me sauver, raconte-t-elle. Mon entourage était choqué, mais moi, quand on me l’a appris, je disais qu’on allait me soigner. »

Retour en arrière. Le 26 juin 2018, il y a trois ans environ, elle est renversée chez ses parents par un chien, qui lui occasionne un claquage au mollet, dont vont découler des complications à la cheville gauche. Tout part de travers, de l’opération qui se passe mal au diagnostic mal emmanché. Clouée sur un fauteuil, Justine Legrand va finalement consulter à Paris, où un professeur lui annonce la sentence que d’aucuns auraient assimilée au couperet d’une guillotine. « Ce médecin, je lui dois ma vie d’aujourd’hui, insiste l’Orléanaise. Au final, cet accident m’a donné tout, en mieux. Marcher, maintenant, c’est tout pour moi. J’apprécie encore plus le truc, je savoure, je suis bien plus joyeuse. » Même pendant ses deux années de tunnel, baladée d’hôpital en clinique au fur et à mesure que les choses s’aggravaient, Justine Legrad n’est pas tombée du mauvais côté. Jamais, dit-elle, elle n’a eu envie de faire payer, au propre comme au figuré, les personnes qui, indirectement, l’avaient conduite à cet état. « La colère ou la vengeance, ça ne m’aurait pas guéri le pied, souffle-t-elle. J’avais envie d’avancer. Moi, je ne suis pas dans les sentiments inutiles. Un jour, quelqu’un m’a dit : “Soixante minutes de rage, c’est soixante minutes de bonheur en moins.” »

Début 2021, huit semaines après son opération, elle reprenait l’entraînement, accompagnée d’un nouveau morceau d’elle-même. « J’adore ma prothèse ! souligne-t-elle. En fait, je me suis tout de suite aimée avec elle. Je suis fière. Je ne me l’explique pas, mais je m’accepte encore plus qu’avant. » Justine Legrand n’a, il est vrai, aucun problème pour parler de son handicap, bien au contraire. Il y a quinze jours, cette Colombienne de naissance, adoptée par un couple de Français, l’a expérimentée dans des écoles d’Orléans, où elle est intervenue pour parler d’elle et de son parcours. « Un petit garçon m’a dit : “Je te trouve très forte et tu n’as pas baissé les bras.” Ça m’a beaucoup émue. » De l’émotion, d’ailleurs, la jeune femme en a à revendre et ne cesse d’ailleurs de remercier médias ou sponsors de s’intéresser à son histoire et à son association, À cheval pour une vie meilleure. Depuis que La Rép’ lui a consacré une très belle double page en janvier dernier, « tout s’est déclenché, dit-elle. Des gens sont venus me contacter, des personnes handicapées, etc. ». Elle rêve de voir tous ceux qui l’ont aidée ou lui ont sourie, à Versailles, quand elle se tournera vers le soleil, la médaille d’or à la main.

À dans trois ans

En attendant, il va lui falloir travailler, beaucoup. Depuis six semaines, Justine Legrand s’est entichée d’un nouveau cheval, Vancouver du Hans, beau pépère de 700 kg pour 1,72 m, avec qui elle va peaufiner sa relation aux écuries de Micy, à Saint-Pryvé-Saint-Mesmin. Entre Justine et Vancouver, le coup de foudre a été immédiat. « Je suis allée le chercher dans un superbe élevage à Colmar. Tout de suite, il est venu me faire un câlin. Je l’ai monté, il s’est un peu crispé, mais je lui ai parlé, et il s’est décontracté. Il fait énormément attention à moi. C’est, hormis mon entourage proche, la personne (sic) la plus importante de ma vie. Il est mes jambes… » Dans son domaine de compétence, le dressage, trois ans ne seront pas de trop pour optimiser les réglages. « C’est une discipline exigeante. Tout doit être parfait. » Pour ce faire, Justine Legrand s’est entourée d’un vrai staff, coachs sportif et mental, diététicienne. « Je ne dois rien laisser au hasard », dit-elle. Comme si le hasard, dans son histoire, avait quelque chose à voir !  

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