|
|
Yannick Barriol Maraîcher engagé
|
|
Yannick Barriol Maraîcher engagé
Portrait

Yannick Barriol Maraîcher engagé

Cet ancien ingénieur dans l'industrie a opéré une reconversion pour devenir agriculteur. Il est aujourd’hui le premier maraîcher municipal de la région à Chambray- lès-Tours, où il cultive en agroécologie la nouvelle ferme bio inaugurée le 16 juin.
Patrice Naour
1986, Naissance à Ganges (Hérault)
2010, Diplômé de Polytech Marseille
2015-18, Vit à New York

J’avais fait le choix d’une reconversion avant la crise sanitaire puisque j’ai commencé ma formation le premier jour du confinement en 2020, explique le jeune maraîcher qui a en charge la nouvelle ferme maraîchère de Chambray-lès-Tours inaugurée le 16 juin. En 2018, j’avais créé une association au sein de mon entreprise pour sensibiliser les gens aux enjeux climatiques, environnementaux et agricoles. Je m’intéressais à ces questions de résilience alimentaire, comment faire pour mieux nourrir la population tout en préservant la planète qui est malmenée… »

Ingénieur de formation, spécialisé en physique, thermodynamique et mécanique des fluides, Yannick Barriol aurait pu rester dans le domaine des études, du conseil ou de l’accompagnement aux transitions climatiques et alimentaires, mais il a préféré mettre les mains dans la terre en devenant le premier maraîcher municipal de la région Centre-Val de Loire. « J’avais ce besoin de travailler concrètement à cette transition, d’éprouver au quotidien comment on nourrit les gens en circuit court, d’appliquer des solutions, de voir quels sont les défis à relever pour produire une alimentation de qualité qui sera un sujet fondamental dans l’avenir avec le changement climatique… »

Il faut dire qu’entre autres expériences professionnelles, il a passé trois ans à New York, de 2015 à 2018, qui ont peut-être été l’élément déclencheur. « Nous avons ressenti profondément cette coupure avec la nature qu’il faut vraiment préserver… » À son retour en France, il replonge deux ans chez Dassault Systèmes mais l’appel des champs est trop fort. Pour se confronter à cette réalité de la terre, Yannick Barriol décide à 34 ans de démissionner de son poste d’ingénieur technico-commercial à 5 000 € par mois pour faire une formation en agriculture. « C’était une décision mûrement réfléchie avec ma femme qui m’a accompagné dans l’aventure, raconte-t-il. Six mois avant de quitter mon emploi, on a complètement changé notre mode de vie pour pouvoir vivre avec 1 500 € et valider le fait que nous pouvions effectivement changer de vie, c’était aussi plus facile car nous n’avons pas d’enfant… »
On sent que l’ingénieur n’est pas du genre à laisser des choses au hasard et qu’il a étudié tous les aspects de sa future vie, son nouveau métier pour que le grand saut ne se fasse pas dans l’inconnu… Il suit une formation de 10 mois pour décrocher le BPREA (Brevet professionnel responsable entreprise agricole) de l’école du Breuil à Vincennes près de Paris, spécialisée dans l’agroécologie. « Se posait aussi la double question de la forme que prendrait cette reconversion et de la région où on s’installerait, précise-t-il, toujours aussi structuré dans sa réflexion et sa démarche. Je ne savais pas si j’allais opter pour le salariat, reprendre une
exploitation ou en créer une, sachant les problèmes qui se posent pour acquérir du foncier. Idem pour la région d’installation, je suis originaire de Ganges dans le nord de l’Hérault, nous avons donc étudié la possibilité de nous installer dans les Cévennes, mais les projections climatiques sur cette région ne sont pas très engageantes avec le réchauffement à venir. Finalement nous avons opté pour la région Centre car ma belle-mère vit à Tours, on se rapprochait d’elle… »
Et en travaillant sur son projet, il est tombé sur l’offre d’emploi de la Ville de Chambray-lès-Tours qui cherchait un professionnel pour prendre en charge la nouvelle ferme municipale.
En avril 2021, Yannick Barriol était choisi parmi de nombreux candidats et commençait à transformer l’ancienne prairie de la Fontaine Blanche en terre agricole susceptible de fournir légumes et fruits pour les repas des écoles de la ville. Un an plus tard, on retrouve un Yannick Barriol heureux au milieu de ces 2 hectares de ferme municipale. « Je me sens bien ici, l’endroit est agréable malgré la proximité de l’autoroute, on est protégé par des haies qui coupent le vent, je suis très satisfait du travail accompli depuis un an… » Yannick met en œuvre les techniques agroécologiques, comme le paillage par exemple, pour éviter tout intrant chimique. Et les petits Chambraisiens ont pu déguster les premières salades produites sur la ferme (lire p.9). Preuve que son rêve d’une terre et d’une
alimentation meilleures ne sont pas inaccessibles…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

ARTICLES SIMILAIRES
Anaïs Lafon L’envie de châteaux
Châteaux de la Bourdaisière, de Chenonceau, de Montsoreau… La jeune...
Entrée gratuite dans les monuments du Département !
On ne le sait pas assez mais l’Indre-et-Loire est l’un...
La Touraine au diapason !
Si l’offre culturelle se concentre avant tout sur la métropole,...
Événements de la semaine
8
Oct
Grand Théâtre
Ven. 8 oct. à 20 h
6
Oct
Vinci, Tours
Mer. 6 oct. à 20 h 30 
2
Oct
L’hôtel de ville de Tours.
2 et 3 oct. de 10 h à 18 h
1
Oct
Oésia, Notre-Dame-d’Oé
Ven. 1er à 18 h 30 et 20 h, sam. 2 à 11 h, 15 h et 17 
4
Juin
Chinon
DU 4  AU 6 JUIN
4
Juin
Grand Théâtre de Tours
Ven. 4 à 19 h, dim. 6 à 15 h, mar. 8 à 19 h
ARTICLES RÉCENTS