Portrait

Delphine Delord La fille à pandas

Avec son frère Rodolphe, ils ont repris le flambeau à leur mère, Françoise, créatrice de Beauval il y a 40 ans, pour hisser le zooparc sur le podium des parcs thématiques les plus fréquentés en régions derrière le Puy du Fou et le Futuroscope avec 1,6 million de visiteurs l’an passé. Au-delà de ce succès populaire, Beauval c’est l’aventure d’une famille amoureuse des animaux qui a fait de la préservation de la biodiversité sa raison d’être. Rencontre avec la directrice d’une entreprise pas comme les autres...
Patrice Naour
Delphine Delord
1980, ouverture de Beauval
1989, Beauval devient parc zoologique
1991 arrivée du tigre blanc, 1er animal « extraordinaire »

Dans la famille Delord, nous demandons… la fille ! Laissez-nous vous présenter Delphine, fille de Françoise et sœur de Rodolphe, avec qui ils ont pris le relais de leur mère à la tête du ZooParc de Beauval ouvert il y a 40 ans sur la commune de Saint-Aignan-sur-Cher, au sud du Loir-et-Cher. Autant, lors d’une visite au parc, vous pouvez croiser Rodolphe intervenant pour régler un des nombreux problèmes qui surgissent chaque jour dans la vie des animaux, autant Delphine est plus discrète, moins présente sur le terrain. « Nous avons chacun nos domaines de compétences et nous sommes très complémentaires avec mon frère et Sophie, sa femme, explique-t-elle. Rodolphe est vraiment opérationnel dans la direction et l’animation sur le terrain, ma belle-sœur est responsable des RH et des boutiques, et moi je m’occupe de la communication au sens large puisqu’il s’agit de parler à tous les publics, à la fois à l’extérieur via les différents outils de communication, mais aussi à l’intérieur du parc avec la signalétique, les outils pédagogiques ou la nouvelle collection de livres à destination du jeune public que nous venons de lancer avec les éditions Nathan… »

La communication, au service des animaux cette fois, passe aussi par l’association Beauval Nature qui finance une cinquantaine de programmes de protection de la faune sauvage à travers le monde et dont elle est vice-présidente. « La préservation de la biodiversité est vraiment dans l’ADN de Beauval, reprend-t-elle. Notre mère nous a transmis très jeunes cet amour de la nature et du monde animal qui sont des univers extraordinaires, dès l’origine du parc elle avait cette intuition qu’il faudrait protéger la nature et la biodiversité, avec le recul aujourd’hui quand on voit ce qui se passe sur la planète, on se rend compte à quel point elle était visionnaire… » Comment ne pas rendre hommage en effet à cette mère pionnière et entrepreneuse qui a lancé la saga Beauval autour de quelques volières en 1980, il y a tout juste 40 ans. La première année 12 000 visiteurs sont au rendez-vous ; l’an passé, le ZooParc a accueilli 1,6 million de visiteurs !

Une entreprise de 900 employés !

Cette année, avec l’ouverture du dôme équatorial, véritable bulle de vie d’un hectare pour 200 espèces tropicales, ce record de fréquentation devait encore être battu. Mais la crise sanitaire est passée par là, entraînant la fermeture du parc pendant 2 mois et demi et le privant de 400 000 visiteurs au moins sur la période. « Nous avions fait + 80 % d’entrées entre la mi-février et la mi-mars, la saison avait très bien démarré, heureusement, dès la réouverture le 2 juin, le public était au rendez-vous, donc on ne va se plaindre » s’enthousiasme celle qui gère en famille l’un des plus beaux joyaux du Val de Loire. Car Beauval, ce n’est pas seulement un parc avec 10 000 animaux de 600 espèces différentes dont certaines uniques en France comme les pandas ou le dragon de Bornéo, c’est une entreprise employant 900 personnes en saison ! Ce qui ne laisse pas de surprendre Delphine. « Quand on regarde le chemin parcouru, c’est une aventure extraordinaire mais nous avançons toujours, nous avons encore des projets, ça ne nous fait pas peur, il y a eu des moments très difficiles au début, alors maintenant que le succès populaire est au rendez-vous, il faut en profiter pour toujours améliorer le confort de vie des animaux comme l’accueil des visiteurs qu’on aimerait toujours accueillir comme dans le jardin de maman à l’époque… »

La petite fille aux anges qu’elle était dans ce jardin extraordinaire est devenue elle-même une maman comblée. Mais elle s’émerveille toujours devant les lamantins flegmatiques qui coulent des jours paisibles dans les eaux du dôme équatorial ou devant ce grand singe qui lui fait du gringue quand elle passe à proximité… Elle n’a pas sacrifié sa vie de famille à cette aventure extraordinaire puisqu’elle est mère de quatre enfants, trois garçons et une fille, la petite dernière qui n’aime rien tant que de passer du temps dans le parc en découvrant les différents métiers qui s’y déploient chaque jour… D’ici à ce que Delphine transmette à sa fille l’amour des animaux reçu de sa mère et le flambeau serait bien transmis…

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