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Manuela Leduc, mère poule
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Manuela Leduc, mère poule
Portrait

Manuela Leduc, mère poule

À la ferme du Haut Montmartre, près de Cléré-les-Pins, Manuela Leduc a choisi, il y a deux ans, de se reconvertir pour… couver. Les poules d’ornement qu’elle élève et dorlote révèlent une étonnante diversité et s’épanouissent dans un cadre idyllique, qu’envieraient nombre de poulets en batterie.
Florian Mons
1973 : Naissance à Tours
2004 : Achète sa première poule. // 2016 : Premiers pas dans l’élevage
2019 : Titulaire d’un BPREA. // Janvier 2020 : Création de l’élevage du Haut Montmatre

Manuela Leduc est ravie. Parmi ses pensionnaires, elle compte désormais une championne de France. Une marans naine au plumage noir luisant, qu’elle a présentée au salon apicole et avicole de Limoges en octobre dernier, et que l’éleveuse avait, comme à chaque salon, soigneusement bichonnée. « Je les douche trois jours avant, avec du shampoing pour chien, je les sèche au sèche-cheveux, surtout les pékin frisée, qui doivent retrouver leur bouffant. Puis je les mets au sec sur une litière bien propre », explique la soigneuse. Un peu d’huile sur la crête, une manucure, et ces top modèles à plumes sont prêtes à faire salon.

Œufs d’or ou verts

Si toutes ne sont pas des bêtes à concours, les poules du Haut Monmartre n’en sont pas moins des poules d’ornement et chaque race a sa coquetterie. L’ohiki, basse, avec une longue queue qui lui donne des allures de faisan, la pékin blanc, dont les plumes blondissent au soleil, l’exubérante pavlovskaia, la marans, au coloris coucou, qui fait des œufs couleur chocolat, dits « d’or », ou encore l’araucana naine, qui, pour sa part, les pond verts. Et bien d’autres, qui étonnent le profane. Sans compter les coqs, dont Nestor, un fier brahma au coloris « columbia », jaloux de son statut de star de l’élevage. Des coquetteries, certes, mais surtout « un gage de diversité », souligne Manuela, qui va jusqu’à déplorer la difficulté – un comble – de trouver des gélines de Touraine en Touraine.

C’est que cette diversité animale, l’éleveuse en a toujours été entourée. Un papa qui aimait les serpents, une grand-mère maraîchère que Manuela s’empressait d’accompagner pour aller nourrir les poules… Sur le mur de son vestibule, une photo d’elle à quatre ans, peut-être trois, câlinant une poule, témoigne d’un attachement précoce aux animaux et au monde rural.

Reconversion

Pas surprenant, au fond, que Manuela ait finalement renoncé malgré de « belles rencontres » au notariat, qu’elle pratiquait dans la Sarthe depuis des années, pour se consacrer entièrement à son élevage. En 2019, elle passe donc un Brevet Professionnel Responsable d’Entreprise Agricole (BPREA) au lycée agricole de Fondettes et lance son entreprise. Une activité inhabituelle pour les banques conventionnelles. « On me conseillait d’emprunter des sommes folles pour investir dans des installations pour un élevage quasi industriel, s’indigne-t-elle encore. 600 poules, ce n’est pas mon objectif. » Son objectif, c’est plutôt le bien-
être de ses animaux, qui s’accorde mieux avec des effectifs moindres de moitié, et surtout, vivant en plein air. Au Haut Montmartre, il n’y a guère que les grillages entre les bêtes et l’oxygène. Des filets, aussi, car en ces temps de grippe aviaire, la sécurité sanitaire est de mise, depuis un arrêté préfectoral d’octobre dernier. « Beaucoup de salons n’ont pas pu se tenir, regrette Manuela. C’est dommage, ils permettent des échanges d’animaux et de conseils », ajoute celle qui espère beaucoup d’un futur vaccin.

D’autant qu’avec le confinement, « les gens se sont rapprochés des animaux », constate Manuela, dont les commandes croissantes attestent de cette attention retrouvée. À ceux-là, l’éleveuse dispense ses conseils. « Je considère d’abord l’espace dont ils disposent et je leur propose des animaux en fonction, explique t-elle. Il faut au moins 20 m2 et 30 cm de perchoir par poule, même si certaines aiment bien être un peu serrées. » Et de plaider la cause des poulettes. « Une poule, c’est un couteau suisse, ça mange les déchets, ça fait de l’engrais… », et… ça pond des œufs ! Mais c’est aussi un animal de compagnie qui s’avère très affectueux. « La pékin toute ronde adore se faire caresser. C’est génial pour les enfants ! » Sans compter l’aspect pédagogique évident, que l’école de Cléré a valorisé en installant des poules de Manuela dans sa cour de récré. Mais les adultes aussi sont concernés, et elle propose des stages de teambuilding aux entreprises qui souhaiteraient renforcer la cohésion de leurs équipes et les sensibiliser au développement durable, en s’éveillant au chant du coq, plutôt qu’à celui du coach.

lehautmontmartre.com

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